Angélina Tézanou – Musicienne

Angélina TézanouNée un 24 septembre au Cameroun, dans la région de Bamiléké, Angélina (Angeline) TEZANOU, non-voyante, est une artiste accomplie avec une tête pleine. Titulaire d’un D.E.A. en Droit International Economique et Commercial, elle abandonne son travail pour se consacrer à sa passion : la musique.

Artiste émérite (pianiste, guitariste et violoniste), elle réussit grâce à son talent, son charisme et sa volonté de surmonter sa cécité et de transformer en atout ce qui passerait, au départ, pour un handicap. Fortement marquée par le Zouk, elle s’exprime tout aussi bien dans d’autres genres tels que le Funk, le R’n B, le Ragga, le Reggae, le Rap ou le Folklore camerounais. Elle défend, par sa musique, la multitude d’identités qu’elle a acquise par sa soif de connaissance et d’indépendance, œuvrant pour le développement des écoles pour non-voyants en Afrique et leur entière intégration dans la société.

À 7 ans, Angelina quitte le Cameroun pour la France. Elle évolue dans une école religieuse où elle s’initie à la musique. À 10 ans, elle enregistre son premier disque avec les autres enfants de la chorale. À 18 ans, afin de payer ses études de Droit, elle commence à faire du cabaret et se fait remarquer par plusieurs groupes. Le premier qu’elle intègre est une formation antillaise : Kawatch. Angelina y apprend le Créole pour mieux s’affirmer dans l’ensemble. 2 ans plus tard, elle quitte ce groupe pour rejoindre « les Girls » en tant que chanteuse et guitariste. Elle enregistre et co-produit l’album « Viens on va danser » et participe à plusieurs tournées en parcourant la France, l’Allemagne et la Suisse.

En 1990, elle débute sa carrière solo et produit elle-même son album Zouk « Poison ». Cet album sera remixé en 1993 et changera de titre pour « La Voix ». Cet album deviendra Disque d’Or en 1992. Dès 1993, Angelina initie les ventes d’œuvres artisanales créées par des non-voyants au profit de l’insertion de ceux-ci dans nos sociétés. Ainsi, des dizaines de milliers d’articles originaux seront vendus dans tous les pays où Angelina se représentera : Cameroun, Etats-Unis, France, Suisse, etc.. En octobre 1997, Angelina produit l’album Afro-Zouk « Côté Cœur » et continue à participer à de nombreux concerts à travers le Monde.

Nous voici, 10 ans après, et toujours la même énergie. Son dernier album « Ebenite » rencontre un grand succès et le public est fidèle.

 

Les concerts:

  • Vatican – 1982 (Rencontre avec Jean-Paul II)
  • Paris, Parc de Vincennes – 1990 (Sortie de « Poison » devant 10.000 personnes)
  • Caraïbes – 1991 (Avec le Groupe Créole 82 en Guadeloupe, Guyane et Martinique)
  • Côte d’Ivoire, Palais des Congrès – 1992 (Avec l’Orchestre de la Marine)
  • Togo – 1992 (« Poison » devient Disque d’Or)
  • Cameroun, Accueil N.-D. de la Paix de Dschang – 1993 (Avec ses frères Johnny et Paul, parrainée par Eboi Lottin)
  • Suisse, Genève – 1994 (Pour l’association « Genève Tiers Monde »)
  • Etats-Unis, Los Angeles – 1995 (Représentant la France le 14 juillet)
  • Afrique du Sud, Johannesbourg et Pretoria – 1996 (Rencontre avec Steevie Wonder)
  • France, Palais des Congrès de Paris – 1997 (Rencontre avec Gilbert Montagné)
  • Cameroun – 1998 (Tournée « Côté Cœur »)
  • Cameroun, Douala – 1999 (Devant 100.000 personnes avec Bisso Na Bisso et Pit Baccardi

À suivre…

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Une voix claire dans la nuit éternelle // Pôle Mag N°8, Décembre 2010

Ses admirateurs l’ont baptisée la Perle noire. Un surnom que ne laisse pas deviner son emploi de conseillère au Pôle emploi de Boucicaut. Pourtant, Angelina Tezanou est une star camerounaise de la chanson. Cette brune pétillante à la voix douce et mélodieuse est née avec un talent qu’elle n’a eu de cesse de cultiver. « La musique m’a toujours habitée. Je n’ai fait que renforcer un don inné », explique-t-elle. C’est d’une telle évidence pour elle, qu’aucun obstacle ne peut la faire dévier de sa destinée.

A sept ans, elle quitte son pays pour la France. Au même moment, elle perd progressivement la vue. « Je m’en suis à peine rendue compte, lance-t-elle. J’étais trop occupée ». Car elle s’initie au piano, au violon et au chant au sein d’une école religieuse et puise dans ses ressources intérieures la force de persévérer dans sa voie. Puis, elle se met à la guitare, chante dans les cabarets parisiens dès dix-huit ans et fait des rencontres qui lui permettent d’enrichir son style et de percer sur la scène musicale.

Une Star dans son pays

Sa carrière solo débute en 1990 avec Poison, un album zouk qu’elle écrit et produit seule et pour lequel elle obtient un disque d’or. Devenue une star dans son pays, elle se produit dans les plus grandes salles. Les tournées se multiplient et elle croise les plus grands : Steevie Wonder, Gilbert Montagné… et même Jean-Paul II. « La musique me permet de me réaliser, de me sentir femme, mère, citoyenne, confie-t-elle. Ma cécité n’est qu’un détail. Je ne la vis pas comme un handicap. Le musicien branche sa guitare, j’attrape mon micro et nous sommes sur la même longueur d’onde ». Et quand on voit tout l’amour que lui donne le public, on ne peut que la croire. « Pour exister, les êtres humains ont besoin de reconnaissance sociale, analyse-t-elle. Malheureusement, la société moderne nous renvoie sans cesse notre handicap : transports inaccessibles, nouvelles technologies… Je ne baisse pas les bras. Je lutte contre les préjugés et pour le droit à la pleine citoyenneté des handicapés. Cependant,c’est encore en Afrique que je me sens le plus une personne à part entière ».

Musique couleur d’ébène

Ebénite, son dernier album sorti en 2007, fait revivre tous ses tubes aux rythmes reggae, makossa, zouk ou rap. Le titre de l’album vient de « ébène », un terme qu’elle a choisi elle-même en référence à la musique noire, à sa couleur de peau chocolatée et à son style musical. Rendez-vous au New Morning pour l’applaudir en mars prochain.

POLE MAG N°8, DÉCEMBRE 2010, MARZENA ANTOLAK

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